Apéro-Thématique n°17 avec Aliénor Chéreau

I. Présentation
Après avoir fait un bac L puis un classe prépa le5re classique à Louis le Grand, Mme Chéreau a intégré une licence droit-science politique. Ensuite, n’ayant pas obtenu le concours de Science Po mais voulant faire de la diplomatie et de la gestion de crise, elle postule MRIAE. Elle ne regrette pas son choix puisque cela l’a amené à la Marine. Au sein du MRIAE, Mme Chéreau a commencé le russe qui l’a beaucoup aidé à rentrer dans la marine par la suite.

Elle a fait un mémoire portant sur l’histoire du renseignement au Canada et au second semestre de Mag2 elle a effectué un échange au Canada. Elle nous conseil de choisir un sujet de mémoire qui nous servirait sur notre CV. Lors de son échange à Toronto, elle a suivi des cours orientés sur le conflit et les renseignements. Elle n’avait pas encore d’expérience professionnelles mais ces connaissances solides universitaires lui ont été très uAles et selon elle cela peut faire la différence sur un CV.

Avant le Mag1, elle avait effectué un stage auprès de la délégation du MEDEF à l’UE où elle faisait la veille juridique. A ce5e époque, elle était intéressée par la diplomatie internationale, ce stage l’a aidé à entrer au MRIAE mais ne lui a rien apporté. Ce qui a été vraiment décisif pour elle était le CAJ (Armée jeunesse) qu’elle a fait l’été entre le Mag 2 et Mag 3. Il s’agit d’un statut de contractuel sur un période de 1, 2, 3 mois pour elle il était de 1,5 mois. Le but est d’ouvrir les portes des armées à la jeunesse. Le salaire est au SMIC. Elle considère que cela constitue pour elle une porte ouverte vers les armées. Elle a eu ce stage grâce à une ancienne du MRIAE qui lui en avait parlé. Elle était chargée d’étude à la sous-chefferie de plan à l’état-major des armées, division « cohérence capacitaire » : faire en sorte que la capacité d’armement coïncide avec l’action future de l’armée, elle travaillait avec les partenaires de l’OTAN.

Elle était sur la zone : OTAN, Europe Amérique du Nord (Cf. mémoire sur le Canada, parAe au Canada). Ils étaient une petite équipe : un représentant de chaque armée (Terre, aire et commandant de la marine) ; ils étaient très accueillants. C’est en Mag2 qu’il y avait le partenariat avec la Marine. Elle est partie à Toronto et a fait stage au ministère. A Toronto, elle a postulé à la réserve (marine) et a été prise (elle avait parlé avec un alumni). Pour postuler il faut faire une PMS état-major de la marine : signe un engagement dans la réserve de 1 an. Il faut au minimum avoir bac+3. Oral pour la sélection, tests médicaux, en région parisienne. Puis, dans la réserve il y a 1 à 2 fois par mois le samedi des cours pratiques (sports) et théorique, obtention du permis bateaux… Il y a également ce qu’on appelle des périodes bloquées :
mise en situation, ateliers, aguerrissement (parcours aquatique) côté militaire. Il y a une autre période bloquée : commémoration, permis de Are en mer, rencontre des chef.fes.

La PMS, réserve ne nous engage pas puisque c’est seulement 1 an et on peut arrêter et reprendre par la suite, elle n’est pas non compaAble avec l’emploi, les périodes bloquées sont pendant les vacances.
La diplomatie ne l’intéressait plus mis-à-part la sécurité et défense, l’aspect pratique. Elle voulait s’engager dans l’actif et a donc passé des concours :
– VOA : volontariat officielle aspirant. (marine, aussi pour armée de terre, elle ne recommande pas dans l’armée de l’aire) : loger, nourrit habillé gratuitement mais moins bien rémunéré.

Aspirant : plus jeune grade d’officier (=cadre). Il y a plusieurs filières.
o VOA état-major. Ex : elle avait postulé en tant que VOA au sein de chef de cabinet de
l’amiral, où elle aurait pu gérer le cabinet. Donc bcp de responsabilité très vite mais on
peut faire des erreurs puisqu’on est que de simple inspirant. Il y a pleins de possibilité
de travail différent. Les VOA état-major : publicaAon d’annonce êtremarrin.fr sur toute
l’année.
o VOA opéraAon ou VOA chef de car : voyage pendant une année sur bateau,
recrutement comme un entreAen d’embauche (type concours). Chef de car : recrutement sur concours, Promo de 20-25 recrutés sur 100 candidats, cours pour apprendre le métier à conduire le bateau, puis on embarque. Cela permet de découvrir la vie en mer donc elle recommande vraiment ce VOA chef de car.

Embarqué 1 an sur un bateau avec un Volontariat Aspirant Commissaire : un commissaire sur un bateau s’occupe de la logistique, du droit mariAme, escale, RH, gestion management, … Il y a une
formation de 1 mois puis détaché sur un bateau pendant X mois. Mais il faut être prêt à s’engager.

A chaque fois : on peut avoir ces postes très jeunes (23-25 ans) donc il y a beaucoup de responsabilité tout de suite ce qu’elle trouve fascinant. Les VOA sont bien si on veut s’engager 1 an (renouvelable 1 fois), si on veut continuer dans la marine cela montre qu’on connait le métier, le milieu, les conditions de vie. On peut faire du volontariat sans avoir fait de réserve.

Le concours : OSM SC (officiers spécialisés dans la marine) = 2 types d’officiers sous contrats
– Officier court : 4 ans, postule à un poste précis. Candidate à un poste. Renouvelable pour 2
ans.
– Officier long : 8 ans, c’est son cas. On candidate pour une spécialité et ensuite pendant une période de 2 ans on aura différentes fonctions liées à cette spécialité. Renouvelable pour 8 ans jusqu’à 20 ans. Ce sont des CDD avec une période d’essai.

Ce concours est bcp plus difficile que les recrutements pour VOA, surtout difficile pour les gens extérieurs à l’armée. Spécialités ouvertes :
– Marin pompier
– Cyber
– GesAon HR
– TacAcien : bateaux ou à terre.
– COA : contrôle opéraAon aéronaval, embarque sur le porte-avion CDG.
– Ingénieur militaire (pas pour nous)
– Renseignement RI.

Recrutement long : commence en octobre et fini en juin. Sur dossier uniquement : CV et LM, pas de notes, le5re de recommandation c’est mieux, l’expérience est valorisée.
Plusieurs entretiens, visite médicale, épreuve de sport, entretien psy. Ensuite commission de présélection en janvier -février : sélection par spécialité en fonction de l’année : pour elle besoin de 2 officiers, et deux civiles. Il y 26 admissibles pour 2 places : épreuves sportives et grand oral (important : Culture G sur l’actualité internationale et l’implication de la
France, UE, culture militaire et marine à trouver sur le site du ministère, CESM, Courrier international, monde diplo) en 2 parties : sujet Aré au sort + présentation. Elle était première sur liste d’a5ente mais il y a eu des désistements donc elle a été prise en août. Concours très difficiles.

Ensuite 4 mois à l’école naval (à Brest) : marché au pas, manier le sabre, diriger le voilier, cours d’histoire et géographie maritime, cours de FR et anglais pour avoir de compétence rédactrice. Elle pense que ce qui a été décisif est son apprentissage du russe et son mémoire sur le Canada.

Elle conseille de vraiment montrer qu’on est spécialiste dans un domaine ou région, ce qui nous fait sortir du lot. Ensuite, elle a pris son premier poste à la Base navale à Toulon ou à Brest. Cet été, elle va être amenée à diriger une équipe de 10 personnes : elle est considérée comme cadre donc elle a des responsabilité dès le début. La marine est de plus en plus présente, le budget augmente de plus en plus. Il y a de plus en plus, une
volonté de renouveler les contrats long.

Si on veut augmenter en grade, il faut être actif en rendant des bons services pour avoir une bonne notation au cas où on passe le concours pour avoir des fonctions d’état-major, commandant…

II. Questions
➔ Est-ce une bonne idée d’effectuer un VOA en césure et est-ce que la réserve est un bon aperçu de la vie marine ?

VOA en césure est une très bonne césure.
A part donner une culture marine sur les institutions, la réserve ne montre pas ce qu’est réellement la marine : utile pour le dossier, pour le concours.
La PMS est vraiment un peAt milieu qui n’ouvre pas toutes les possibilités de la marine.

➔ Comment bien se préparer pour faire un VOA ?
Aller voir h5ps://www.etremarin.fr
Pour les entretiens : culture marine, actualité, savoir ce qu’est le CESM suffit pour la motivation.

➔ Est-ce possible dans l’armée dans 2ème partie de carrière d’être en état-major ?
C’est ce qui se passe généralement, si on va en état-major il y a que des haut gradés, car l’idée est de capitaliser sur leur expérience. Dans le graduate program, il y a beaucoup d’opérations pendant 10 puis on propose des postes en état-major comme jeune commandant.

➔ Spécialité RI : devant un bureau ?
Dans sa promo, il y a 2 analystes et elle est cheffe mais ils restent à terre, ils n’embarquent pas. Pour embarquer il vaut mieux faire le graduate program.

➔ PMS : les personnes qui ont poursuivi dans la réserve ont accédé à quel poste ? Dans sa section peut-on continuer dans la réserve ?
Exemple : une personne a trouvé un contrat de 6 semaines par an, en état-major pôle Révolution Industrielle militaire pendant les périodes creuses pour assurer la permanence ; généralement des contrats de 1 ou 2 ans. Il faut savoir s’adapter rapidement. Il y a différente possibilité mais cela dépend de nos disponibilités de nos études, …

➔ Aviez-vous envisagé de passer le concours d’administrateur des affaires maritimes ?
Elle n’a pas du tout pensé à ce concours, qu’elle ne le connaissait pas.
A la suite de ce concours, les postes sont relaAfs à la lu5e contre la polluAon, le narcotrafic. En tant qu’officier maritime, on travaille en cross, elle pense qu’avec ce concours on toucher plus à l’activité,
aux opéraAons, au concret que ce qu’elle a pu faire en début de carrière. Même si dans les opérations l’action est plus civile que militaire. Il fait partie des concours fonction publique, a donc une forte dimension juridique.

➔ Avait-elle pensée à d’autres concours ? Celui de commissaire ?
Celui de commissaire est extrêmement dur, on peut passer sous contrat ou de carrière le dernier est très dur (bon en tout : droit, gestion, RH, management). Elle n’y avait pas songé car même si on à l’occasion d’embarquer, le commissariat aux armées fait du soutien et ne fait pas concrètement des opérations ; mais cela reste son point de vue personnel.

➔ Quant au concours officier, peut-on postuler aux 3 corps et après être affecté ?
Pour être officier, il faut postuler à une armée spécifique : les recrutements sont très différents.

➔ Quand on est officier court progresse-t-on moins vite que en tant qu’officier long ?
Non, progresse plus vite au début. Equivalent de sous-lieutenant dès 3 semaines contrairement alors que long : 1 an aspirant, 2 ans, … automatiquement au début mais pour passer de commandant c’est en fonction de la notation.

En tant qu’officier court, on monte les échelons automaAquement. A la fin des 2 premières années : il est possible de changer de poste, d’avoir un grade plus haut plus vite. C’est une bonne passerelle pour passer officier long ou pour reconvertir civil de la défense par exemple. Après les 4 ans : engagement de 5 ans de réserve opérationnelle MAIS C’est tout on peut redevenir civil sachant qu’on avait le statut de cadre.

➔ S’ils nous demandent si on a postulé ailleurs, est-ce qu’on doit dire la vérité ?
Elle n’avait pas postulé ailleurs, mais si on demande si on a postulé ailleurs il vaut mieux être honnête.

➔ En tant qu’officier long, est-il possible de faire des stages en mer pour découvrir la vie embarquée ?
Il y a possibilité de faire un stage en mer mais pas officielle, stage découverte.
Il y a des messages généraux : ils publient des offres d’Opex (opérations extérieures). Si on postule à ces postes et qu’on est pris : Voyage longue durée et c’est un vrai poste précis, pas un simple stage de découverte.

➔ Pour tous les personnels non officier, est-ce qu’il y a une formation continue tout au long de la carrière ?
Oui, il faut surveiller les stages en fonction pour se spécialiser : langue, obtenir des brevets, obtenir de point d’avancement plus tard, … Cela dépend de l’unité dans laquelle on est puisque c’est elle qui paye. Il y a tout de temps de proposition de formations, le but est de se former au max pour monter dans les échelons.

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