Diplômée du Master du MRIAE en 2010, Clémence Werner est chargée de la coordination et de la production culturelle pour le Palais de la Porte Dorée. En 2008, Madame Werner fait un stage en tant qu’assistante auprès du Conseiller de coopération et d’action culturelle (COCAC) à l’ambassade de France au Burundi

En 2010, elle effectue un stage comme chargée de mission événementiel au pôle des Affaires internationales de l’INA. La même année, elle fait également un stage à l’Espace Culture de Marseille comme assistante au pôle événement. Pendant l’été 2011, elle travaille comme chargée de communication à l’Institut des cultures d’Islam à Paris. Puis, pendant deux ans, elle est chargée de mission culturelle pour l’Institut Français d’Egypte. En 2014, elle devient chargée de mission pour la Fondation René Seydoux pour la Méditerranée à Paris

De 2015 à 2017, elle occupe le poste de chargée de mission pour la Saison Culturelle France-Maroc à l’Institut français du Maroc. 

En 2018, elle entre au Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères comme rédactrice Amérique Latine pour le Réseau de coopération et d’action culturelle. Enfin, depuis 2020, Madame Werner est chargée de la coordination et la production culturelle au Palais de la Porte Dorée. 

  • Présentation 

Au début de ses études, Mme Werner ne savait pas clairement dans quel domaine elle voulait exercer. Elle a alors fait des choix larges lui laissant de nombreuses possibilités. Après avoir fait une classe préparatoire, elle a ensuite effectué une licence d’histoire et d’études européennes. Elle a pu commencer l’apprentissage de l’arabe en L2 à la fac, langue qui est peu à peu devenue sa passion. Amant beaucoup les langues, elle parle l’arabe, l’espagnol et l’anglais mais elle ne voulait pas devenir traductrice. Elle a donc postulé au MRIAE qui l’a attiré pour son côté pluridisciplinaire en 2007. 

Ensuite, elle effectue de nombreux stages. Tout d’abord, un stage de 3 mois en tant qu’assistante du conseiller de coopération et d’action culturelle (COCAC) à l’ambassade de France au Burundi en 2008, en 2ème année de magistère. A la fin de ses études, elle a opté pour deux stages de 3 mois : 

  • Un stage comme chargée de mission événementiel au pôle des affaires internationales de l’Institut national de l’audiovisuel où elle a participé à l’organisation d’une conférence internationale sur la méditerranée. 
  • Un stage à l’Espace Culture de Marseille en tant qu’assistante au pôle évènements. Elle est également allée au Maroc pour les aider à organiser un débat d’idées autour de l’espace méditerranéen.

Dans ces deux stages, son travail constituait surtout dans l’organisation logistique. Selon elle, tous les stages peuvent être utiles soit pour savoir ce que l’on aime ou pas, ou bien pour découvrir le métier que l’on souhaite exercer. Ces 3 stages sont différents mais lui ont tous été utiles. Le premier était lié au secteur culturel mais comprenait un aspect très politique. Or cet aspect lui a moins plu, notamment parce que le Burundi et la France ont un passé colonial important. Elle s’est également rendue compte qu’elle préférait travailler dans le monde arabe, d’autant plus qu’elle apprenait la langue. Les autres stages tournés vers le culturel et l’espace méditerranéens étaient donc plus pertinents et correspondaient davantage à son profil et à ses appétences. 

A la suite du magistère, voulant poursuivre l’apprentissage de l’arabe, elle a effectué un diplôme intensif d’arabe à l’Inalco. Elle a ensuite fait un stage en tant que chargée de communication à l’Institut des cultures d’Islam à Paris puis a commencé a cherché un emploi. Sa recherche a pris un an, ce qui a été pour elle une période difficile. 

Conseil : Ce qui est important dans les moments difficiles comme la recherche d’emploi est de trouver des choses qui nous valorisent, de continuer à rester actif.  Ex : cours du soir de langue à l’Inalco, association pour être en contact avec d’autres personnes, se sentir utile etc. 

Elle est alors partie en Égypte pour continuer d’apprendre l’arabe pendant un an. Cela lui a permis d’être prise pour un volontariat international (VI) en étant chargée de mission culturelle à l’Institut Français d’Egypte. Cette année là-bas lui a servi non par parce qu’elle a rencontré des personnes qui lui ont proposé un poste mais parce que les recruteurs dans les zones à risque veulent être sûr que les personnes qui candidatent sont prêts. Ex : en Egypte, c’était un an après la révolution mais comme elle y est déjà allée et qu’elle a appris l’arabe là-bas, elle a obtenue le poste. 

Elle est restée 2 ans en Egypte et c’est la meilleure expérience qu’elle ait eu l’occasion de vivre jusqu’ici. C’était à la fois intéressant de suivre l’actualité des Printemps Arabes de l’intérieur, mais aussi très difficile. Après l’Egypte, elle est rentrée en France où elle a fait un remplacement de 3 mois en tant que chargée de mission pour la Fondation René Seydoux pour la Méditerranée à Paris

Puis, elle est repartie en contrat local à l’Institut Français au Maroc. Elle a coordonné la saison culturelle France-Maroc à Rabat pendant 2,5 ans.

Voulant rentrer en France, elle a démissionné. Sa recherche d’un nouveau poste a été un peu compliquée puisqu’elle n’avait pas de véritable réseau en France.  Elle a décidé de travailler pour le MAE qui était son employeur au Maroc et en Egypte. Elle a donc travaillé pendant 2,5 ans au service qui supervisait les SCAC et les instituts français à l’étranger. Néanmoins, ce travail était plus administratif que ce qu’elle avait déjà fait et donc éloigné de la dynamique projet  (Ex : organiser des festivals, des évènements). Ainsi, elle a donc décidé en 2020 de rejoindre le Palais de la Porte Dorée comme chargée de la coordination et de la production culturelle. 

Points importants qu’elle a retenu dans son parcours : 

  • On n’est pas toujours obligé d’avoir un objectif clair, d’avoir un métier précis en tête pendant ses études.
  • Chaque expérience compte et nous amène à une autre, nous permet de rencontrer d’autres personnes et de se créer un réseau. Il n’y a pas, selon elle, de portes qui se ferment automatiquement ; on construit notre parcours au fur et à mesure. 
  • Il faut vraiment se rattacher à ce que l’on aime, aux choses qui nous valorisent notamment dans les moments d’incertitudes et de difficultés. 
  • Questions 
  • Ayant fait une formation tournée vers les relations internationales mais voulant postuler pour un travail dans la culture sommes-nous pénalisés ? Comment concilier les deux ? 

Les instituts culturels cherchent en priorité des profils tournées vers les Relations Internationales. Au MRIAE on apprend à être polyvalent et la gestion de projet, ce qui est adapté aux métiers dans le secteur culturel. Il faut savoir valoriser ce qu’on a fait : polyvalent, regard économique par exemple etc.

Une formation tournée vers la culture nous apporterait des connaissances sur l’environnement juridique mais en pratique ce n’est pas le plus utile. 

Ce qui est plus difficile c’est d’obtenir en France des postes en tant que chargé de production. C’est pour cela qu’elle a postulé à la Porte Dorée. Les portes ne se ferment pas mais peut-être qu’il faut faire une étape en plus pour atteindre un certain poste. Ex : ne pas passer directement du ministère à être chargé de production.  

  • Lors du volontariat en Égypte, quel était votre rôle ? 

Mme Werner était chargée de mission culturelle. Ils étaient une petite équipe : une attachée culturelle, un chargé de cinéma, une assistante de service et elle. La programmation était surtout faite par l’attachée culturelle qui avait beaucoup d’expérience sur l’action culturelle en France.  Mme Werner était chargée de la logistique et de la mise en place : billet avion, contrats, contacter les structures égyptiennes pour leur demander si elles pouvaient accueillir des spectacles etc.

Le plus important : la coopération. Ex : quatuor classique chaque année, workshop avec des jeunes égyptiens doués en musique ; ateliers pour de jeunes réalisateurs égyptiens.

Dans les pays où elle est allée il n’y avait pas d’aide d’État pour la culture donc ils mettaient en place : 

  • Programme daide 
  • Bourse pour étudiant égyptien 
  • Quelle est la différence entre une expérience en SCAC et en institut français ? 

Variable, il y a des endroits où les deux ne sont qu’une seule entité. Ex : en Egypte. 

La différence c’est que dans beaucoup de pays, il n’y a qu’un service de coopération d’action culturelle et pas d’institut mais pas l’inverse. C’est souvent une différence d’échelle : quand il y a un institut cela signifie qu’il y a plus de moyens financiers et plus de personnels. Aussi le SCAC a parfois une dimension plus politique (coopération des droits de l’homme, société civile). Alors que les Instituts français concernent la coopération universitaire et scientifique, culturelle/langue française s’ils sont séparés. 

  • Sur les stages de 3 mois : comment est-ce que vous avez fait vos recherches et trouvez ces stages ? 

Elle a commencé par repérer les structures qui pouvaient l’intéresser puis a fait des candidatures spontanées et appelait les secrétariats voire rappelait si besoin. Il ne faut pas hésiter à essayer de rencontrer les gens, même s’il n’y a pas d’offre. 

Pour le stage à l’institut des cultures d’islam : elle a candidaté puis a appelé un grand nombre de fois, ce qui a prouvait à l’institut sa motivation. Finalement, elle a eu un stage en communication et non pas en organisation d’événement mais puisqu’elle voulait faire un stage dans cette structure cela en valait la peine. 

  • Est-ce que lorsqu’on prépare une programmation culturelle elle est très adaptée au pays ? Faut-il avoir une connaissance importante sur le pays et sa culture ? 

Cela dépend, en Egypte par exemple, elle a fait beaucoup de programmation française mais aussi égyptienne donc il fallait connaître la scène culturelle du pays. Mais cela peut s’acquérir sur place. En Égypte, elle s’est rendue sur les structures culturelles nationales pour découvrir la culture égyptienne une fois là-bas. Mais cela n’est pas un prérequis : on ne le demande pas en amont. 

Tandis qu’au Maroc, l’institut français faisait plus la promotion de la culture française, elle mettait donc en place de gros projets. Mais elle a moins apprécié cette expérience : les évènements étaient beaucoup plus politiques qu’en Egypte. 

  • Quel est le statut des personnes qui travaillent en institut ? 

Dans les Instituts Français, il y a 3 contrats : 

  • VI : jeune 
  • Expatrié : soit fonctionnaire du MAE soit contractuel (attaché culturel, SCAC et Institut Français mais jamais en ambassade). 
  • Agent de droit local : si on est déjà à l’étranger mais il faut déjà habiter dans le pays ou être capable d’avoir un visa de travail. 

On n’est pas obligé de faire un VI tout de suite, on peut très bien avoir d’autres expériences au niveau local et national nous permettant d’avoir un autre regard (plus tourné vers la culture en France).  

  • Jusqu’à quel âge peut-on devenir VI ? 

On peut obtenir toutes les informations sur Civi.web. On peut postuler jusqu’à la veille de nos 28 ans mais commencer le poste jusqu’à la veille de nos 29 ans. 

Un plus avant de postuler : stage dans une institut, au MAE, ou un institut français à Paris montrant qu’on connaît déjà le système diplomatique français. Mais ce n’est pas une nécessité. 

  • Vous avez travaillé au service qui supervise l’institut à l’étranger : pourquoi cela vous à moins plu ? 

Au sein du ministère, il y a une direction qui supervise l’action des SCAC et des Instituts Français. Mais il y a aussi des sous directions géographiques/thématiques (langue, scientifique…) et une plus technique relative aux moyens, au budget financier et humain. Elle était dans la sous-direction technique donc moins intéressante : comptabilité, moyen humain. Mais elle ne regrette pas car c’était quand même enrichissant sur le court terme : lui a permis d’apprendre des choses sur les Ressources Humaines, sur la gestion des moyens, …

  • Est-ce une bonne idée d’intégrer la fonction publique actuelle ? 

C’est vrai qu’il y a des baisses de fonds générales dans les ministères alors que l’on demande les mêmes objectifs. 

Intégrer la fonction publique est avant tout un choix personnel, cela dépend de ce qui nous intéresse et de ce qu’on veut faire. Pour sa part, elle n’a pas passé les concours car : 

  • Très dur
  • Pas certaine de faire cela toute sa vie. 

Globalement, les expériences en Egypte et au Maroc à l’Institut français ont été ses préférées. 

  • Quelle est la différence entre vos expériences liées au MAE et celle hors réseau comme à la Porte Dorée ou à l’institut des cultures d’Islam ? qu’avez-vous préféré ? 

Le Palais de Porte Dorée est assez similaire au MAE puisque c’est un établissement public qui est donc sous la tutelle de 4 ministères. Cette structure culturelle est donc très politique et très hiérarchisée. C’est aussi le cas pour les Instituts Français. Ex : au Maroc, la diplomatie culturelle est très importante et très politique. 

A l’institut des cultures d’Islam : structure plus petite qui est donc très indépendante, et elle avait plus d’autonomie dans son travail et avait la possibilité de proposer des choses. Mais la rémunération est inférieure dans le secteur public même s’il y a des postes très intéressants, formateurs et diversifiés. 

  • Est-ce que la liberté d’action dans les institutions culturelles varie selon les pays et la politique de la France ? 

Oui et aussi de l’équipe. Il y a le poids de Paris (Maroc est un cas particulier puisque c’est très politique) mais surtout l’équipe sur place. 

  • Comment vivez-vous la crise du covid-19 et la fermeture des lieux culturels ? 

Cette période est compliquée, pendant un temps ils étaient dans une dynamique où ils prévoyaient leurs évènements comme s’ils allaient avoir lieu et annulaient au dernier moment tout en versant un dédommagement aux artistes. L’objectif était d’être prêt pour une réouverture éventuelle. Ils ont aussi trouvé des alternatives en ligne (vidéos) pour certains événements même si des spectacles comme de la danse ont dû être annulés. 

Mais maintenant ils attendent comment cela va évoluer et ne programment plus rien, notamment pour le mois de mars. 

De plus, même si cela reprend, ils ne pourront pas rattraper le retard et des projets ne verront jamais le jour.

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