Apéro-thématique n°14 avec Sofiane Alsaar : le 05 février 2021

I) Présentation :

Sofiane Alsaar est diplômé du MRIAE en 2014 en parallèle duquel, il effectue un stage de trois mois au sein de la Chancellerie Politique de l’Ambassade de France au Royaume de Bahreïn à l’été 2013. Parlant couramment arabe, il a par la suite occupé le poste d’assistant et de rédacteur auprès du Conseiller de Coopération et d’Action Culturelle à Beyrouth au Liban. Étant intéressé par tout ce qui est relatif aux réfugiés et à la migration, il a ensuite intégré en 2017 l’OFPRA en tant qu’Officier de protection et refugee Status Determination Officer et y est resté pendant 2 ans. Il travaille actuellement au Caire au sein de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) – ONU migration en tant que Programme Officer (Counter Trafficking) and Gender Focal Point depuis octobre 2019.

Avant d’entrer au MRIAE, il était en double licence Histoire-Sciences politiques, pendant 2 ans. Il avait pour objectif d’intégrer le Magistère dès la licence. Il a passé avec succès les concours des IEP mais il a préféré rejoindre le MRIAE. Il voulait profiter des stages et des opportunités de travailler à l’étranger offerts par la formation. 

Il a toujours voulu se spécialiser dans l’aire géographique du Moyen-Orient. Alors, il a rejoint les cours intensifs d’arabe de l’ENS grâce au partenariat qui existait avec la Sorbonne. Il nous conseille vivement de saisir ce type d’opportunité : les cours de langue de l’ENS étant d’un très bon niveau. Il nous encourage à apprendre des langues rares, en fonction de nos appétences et des aires géographiques que nous préférons. 

Lorsque M Alsaar a intégré le MRIAE, il ne savait pas encore dans quel domaine il voulait travailler : dans le développement, la diplomatie… Il voulait en apprendre plus sur les différents secteurs professionnels liés aux relations internationales. Il a pris la spécialité « Monde des affaires et de la communication » et a choisi l’aire culturelle du Moyen-Orient. 

Pour son semestre d’échange, il souhaitait partir à l’université St Joseph au Liban. Mais pour des raisons sécuritaires (attentats à la bombe à Beyrouth), il n’a pas pu partir. Malgré la possibilité d’aller à Leeds, en Angleterre, il a insisté pour partir au Moyen-Orient et est parvenu à décrocher un échange à l’université francophone de Galatasaray, en Turquie. 

Il ne connaissait pas la langue du pays mais a saisi cette opportunité de découvrir une nouvelle culture, d’élargir ses horizons. Il nous invite à ne pas se mettre de limite, de ne pas avoir peur de la barrière de la langue. 

Par la suite, il effectue son premier stage au Bahreïn, dans l’ambassade de France à Manama. Son stage de 2 mois, bien que dans une petite ambassade (par sa taille), a été très formateur. M Alsaar nous recommande de ne pas mépriser les petites ambassades : en effet, leur petite taille est synonyme de plus de responsabilité, de contacts directs avec le Conseil politique ou l’ambassadeur. En effet, il a eu l’opportunité de faire une revue de presse de l’actualité internationale et bahreïnie tous les matins à l’ambassadeur en personne. 

Dans son CV, M Alsaar n’a pas hésité à être ambitieux et a postulé pour ce stage pourtant technique sur le plan de la langue. Les difficultés de la langue l’ont poussé à élargir son réseau et à entrer en contact avec une femme travaillant pour la Bahreïn News Agency (l’équivalent de l’AFP pour le Bahreïn) et parlant l’anglais, l’arabe et le français. L’exigence de son travail l’a poussé à dépasser ses limites. 

Il ne faut pas hésiter à postuler à tous les stages proposés par le Ministère des Affaires Étrangères, même s’ils semblent ambitieux. Il faut être persévérant. 

 

Conseil : Il n’avait aucune expérience dans le secteur du développement, notamment dans la gestion de budgets, la gestion de projet. Il a su apprendre sur le tas, s’est auto-formé avec Google et Youtube, a suivi des cours en ligne. Nous avons tous les outils nécessaires pour apprendre par nous-mêmes : il faut en profiter. Il ne faut pas hésiter non plus à demander des conseils aux Alumnis. Il ne faut pas hésiter à mobiliser son réseau, à faire des posts Facebook ou LinkedIn. Il ne faut pas avoir peur d’une non-réponse : ce n’est pas grave. Au mieux, on obtient une réponse, on élargit son réseau et on gagne des compétences. 

Conseil : Il nous conseille d’insister par mail, de ne pas avoir peur de recontacter et de relancer puisque les gens ont tendance à oublier, à ne pas considérer notre demande comme la priorité du moment. 

Par la suite, M Alsaar a fait son stage de 6 mois, à Beyrouth. Il s’est retrouvé dans une énorme ambassade, auprès du Conseiller de coopération et d’action culturelle (COCAC). Ce stage s’est révélé plus compliqué. Il pensait voir l’ambassadeur, mais il ne l’a rencontré qu’une fois en l’espace de 6 mois.

Cependant, ce stage a aussi été formateur, autrement. Il a notamment beaucoup appris du COCAC : celui-ci avait une grande capacité de travailler et était capable de s’approprier n’importe quel discours écrit par M. Alsaar. Il arrivait, par exemple, à retenir des chiffres pointus, des statistiques, etc. 

Après ces deux stages en ambassade, M. Alsaar pensait passer les concours du Quai d’Orsay et travailler dans la diplomatie. Mais, conscient de la concurrence et de son jeune âge (diplômé à 22 ans du MRIAE), il s’oriente vers un Master en alternance au CELSA, pour étudier la communication de crise. 

Il fait alors son alternance à la BNP Paribas à la direction des relations internationales. Il avait eu l’opportunité de travailler à l’Etat major des Armées, mais on lui conseilla de choisir la BNP pour la qualité de ses outils. 

Durant son alternance, il a travaillé sur la zone hors-euro : Afrique, Asie, Moyen-Orient, etc. Même si cette expérience s’inscrivait dans le secteur bancaire qui ne l’intéressait pas, il a su en tirer de nouvelles compétences. En outre, une année d’alternance correspond à une année d’expérience professionnelle reconnue. 

Cependant, le fait de choisir cette alternance à la BNP a pu lui porter préjudice par la suite, puisqu’il souhaitait travailler dans le secteur du développement. Il nous conseille donc de faire attention au choix que l’on fait et au label qu’on peut nous coller suite à un travail. 

Après son master, il rejoint l’Institut Français du Proche Orient en Jordanie. L’IFPO est un centre d’enseignement de la langue arabe. L’école est accessible avec de nombreuses bourses. Il faut se tenir au courant de ce genre de programme et saisir ce type d’opportunités. En effet, à Amman, il a pu élargir son réseau, rencontrer des personnes qui par la suite sont devenues diplomates. 

Conseil : M. Alsaar insiste sur l’importance du réseau. Se créer un réseau peut tout changer à notre vie professionnelle : en effet, une information, une opportunité nous arrivera presque toujours par notre réseau. Même pour un simple échange de compétences, un partage de savoir, il est essentiel de se faire un réseau. Par exemple, il faut penser à envoyer ses vœux à son réseau sur LinkedIn, ou envoyer un message à nos contacts de temps en temps. Il ne faut négliger personne : pas même les anciens professeurs, qui peuvent toujours nous faire une lettre de recommandation pour une bourse, un stage, une thèse, etc. De même, il ne faut pas hésiter à rejoindre des groupes Facebook proches de nos intérêts. Par exemple, le groupe « Women in development ». De la sorte, on peut s’appuyer sur ces réseaux. Il existe des groupes pour tous les secteurs. Ils permettent l’accès à des offres postées sur ces groupes, mais aussi de faire une veille sur son secteur (savoir quels sont les profils recherchés, les évolutions du secteur). 

Après l’IFPO, il rentre en France et commence à chercher du travail. Il postule un peu partout, avec l’idée qu’il pourra toujours retomber sur ses pattes et que le plus important est de mettre le pied à l’étrier. Il n’obtient qu’un seul entretien sur des centaines de candidatures. 

Il rentre à l’OFPRA, l’Office Français de Protection des Réfugiés Apatrides, comme officier de protection. C’est sa première expérience dans son secteur de prédilection. Son travail consiste à recevoir des demandeurs d’asile et de prendre une décision quant à l’accession à cette demande. Il y a donc une responsabilité morale très importante. Le droit d’asile ne reconnaît pas les migrants économiques ou climatiques. Il peut donc y avoir des difficultés morales lors de l’application du droit. Il est dur de rejeter des personnes en situation de détresse et en demande de droit d’asile. 

Son travail était assez difficile moralement : il recevait les demandeurs d’asile en entretien la moitié de ses journées de travail ; de 4 à 6 heures d’entretien, parfois 10 heures quand il s’agit d’un individu anciennement membre des services de son pays ou journaliste. Ces entretiens servent à comprendre le parcours des personnes. Par la suite, il effectuait des recherches sur le parcours des demandeurs et rédigeait des contre-rendus des entretiens. Il s’agit d’un travail assez solitaire, avec peu de réunions d’équipe. Mais, ce n’est pas un travail répétitif : chaque histoire de demandeur est différente. 

Il a travaillé avec des populations venant du Soudan, d’Irak, d’Albanie, de Géorgie, d’Afghanistan. Au OFPRA, dès que l’on maîtrise un pays, sa culture, ses codes, on travaille avec des populations d’un autre pays. C’est un travail très formateur. Toutefois, ce travail ne prépare pas à la gestion de projet (l’utilisation d’Excel y est minime). 

L’OFPRA emploi 1 000 personnes, dont 8 000 officiers de protection. Il y a un grand turn-over dans les équipes, composées de gens de tous les horizons, aux études et expériences variées, souvent entre 23 et 30 ans. C’était un environnement de travail stimulant, qui lui rappelait le MRIAE. On peut intégrer l’OFPRA soit comme contractuel (en postulant sur le site) ou en passant le contrôle d’attaché d’administration de catégorie A. Il a d’abord postulé comme contractuel et s’y est plu. Il voulait alors passer le concours comme officier stagiaire mais s’est rendu compte que ce n’était pas le métier qu’il souhaitait faire. 

Il postule alors au programme des Volontaires des Nations Unies (VNU). 

Conseil : Il nous conseille d’en faire autant. Il existe des campagnes de VNU pour des profils jeunes, moins de 25 ans et pour des profils de spécialistes, avec plus de deux ans d’expérience professionnelle. Les VNU sont moins connus que le volontariat International en Entreprise (VIE) ou en Administration (VIA). Les appels à candidature ont lieu une fois par an, en janvier-février. Il faut ensuite suivre le guide de candidature. Il nous encourage à suivre de près ces appels d’offres cycliques. Il recommande également le programme de Volontariat de Solidarité Internationale (VIS). Il est moins bien rémunéré que les précédents, mais permet une première expérience à l’étranger, dans une petite structure. 

Il intègre l’Organisation Internationale pour les Migrations (OIM) au Caire via son VNU. Il est chargé du programme contre la traite des êtres humains. Cela concerne notamment les passeurs de la Mer Méditerranée. Il est spécialisé dans l’exploitation : le trafic d’organe, la prostitution et la mendicité forcées, la traite des enfants (adoption), le travail forcé (travailleurs domestiques en Egypte). 

En tant que chargé de programme, il a un travail de coordination des différents acteurs participants au programme : le gouvernement égyptien, l’Etat donneur qui finance les opérations. Il doit rendre des comptes aux donateurs et faire un suivi du projet, faire le bilan des opérations et des objectifs. 

Conseil : Il nous conseille de nous créer des Google Alert, des revues de presses faites par Google, en différentes langues, sur n’importe quel sujet. 

II) Questions des participants 

– Pour quelles raisons a-t-il quitté son premier travail, à l’OFPRA ? Pour des raisons éthiques ? 

Oui. Il y a deux types de personnes à l’OFPRA, des profils sécuritaires et des profils plus solidaires, intéressés par le développement. Il peut donc y avoir des divergences de point de vue sur les demandes d’asile en fonction de ses convictions et de son profil, sécuritaire ou solidaire. La question éthique est très importante dans le travail, puisqu’on y passe beaucoup de notre temps. 

Il est heureux d’avoir eu des « petites victoires » à l’OFPRA. Par exemple, les demandeurs d’asile faisaient la queue dans la rue, parfois passaient la nuit dehors dans l’attente de leur entretien le lendemain, pour parler de traumatismes profonds (leur départ de leur pays, des exactions subies, etc.), répondre à des questions précises et déstabilisantes ; or, on ne pouvait pas leur servir du thé par crainte de risque d’allergies ou de diabète… Après avoir trouvé une étude qui montre que le thé noir n’est pas allergène, il a obtenu le droit de servir du thé sans sucre aux demandeurs d’asile qu’il recevait. 

Il est parti à l’OIM après l’OFPRA, au-delà des raisons éthiques, aussi pour des raisons économiques. 

– Le fait de ne pas être spécialiste du droit des réfugiés et demandeurs d’asile lui a-t-il posé préjudice lors de son travail à l’OFPRA ? 

Il avait déjà des notions de droit des réfugiés grâce à son professeur de droit au MRIAE qui enseignait le droit international humanitaire et emmenait ses élèves à des séances publiques à la Cour nationale du droit d’asile (CNDA). La CNDA est la seconde instance qui concerne les demandes d’asile après l’OIM : elle traite notamment les recours. En outre, il suivait l’actualité du Moyen-Orient, des personnes qui fuyaient la Syrie. 

De plus, il a eu une formation de 6 mois à l’OFRPA à son arrivée. Les six premiers mois au sein de l’organisme sont des mois de cours, dispensés par le service de l’Union européenne en charge de l’harmonisation des instances qui s’occupent des demandeurs d’asile. Il a reçu les outils nécessaires à la compréhension du droit des étrangers. Par la suite, il a continué de suivre des formations sporadiquement. 

Le fait de travailler au sein d’une banque a pu créer des a priori sur son profil quand il est rentré dans le secteur du développement. Le choix d’un stage à l’Etat major des Armées aurait-il été mieux vu ? 

Dans le domaine du développement, les armées ne sont pas toujours mieux vu que la Banque. Il était face à un choix difficile : ces deux secteurs ne l’intéressaient pas initialement. L’un ou l’autre allait possiblement lui porter préjudice. Il ne faut donc pas oublier les visions de chaque secteur. Il faut avoir conscience qu’une expérience professionnelle peut nous suivre par la suite, il faut choisir avec attention. Mais il existe toujours des passerelles d’un secteur à l’autre. 

– Souhaiterait-il retenter le concours du quai d’Orsay aujourd’hui ? 

A l’époque où il était à l’IFPO, il était en contact avec des gens qui ont passé les concours du Quai d’Orsay. Il s’était alors rendu compte qu’il n’avait pas le niveau en langue. Il avait un bon niveau mais la grammaire attendue au concours était trop pointue. L’épreuve de langue au concours sert à départager les candidats : le niveau demandé est volontairement plus élevé que le niveau attendu sur le terrain. 

De plus, il n’avait pas encore l’expérience qu’il a acquis en droit public. Enfin, il avait conscience de la concurrence élevée et de l’écart avec des élèves majors de promotion à Sciences Po Paris, qui étaient préparé au concours depuis le début de leur formation. Les élèves du MRIAE ont moins ce profil et n’ont pas cette préparation au Quai d’Orsay. 

Aujourd’hui, il n’est pas fermé au fait de travailler comme contractuel au Quai d’Orsay, mais préfèrerait travailler pour des organisations internationales. Dans les organisations internationales, on a des collègues qui viennent du monde entier. Cette diversité de profil et de manière de travailler lui plaît et il ne se voit pas revenir dans un contexte franco-français. Il aime le fait de s’adapter à l’altérité, de rencontrer des gens qu’il n’aurait pas rencontrés autrement. 

Dans le contexte de la COVID, il s’interroge également sur la possibilité de travailler dans la consultance, depuis chez lui. Il nous invite à nous poser des questions sur la vie professionnelle que nous voulons mener, nos horaires, notre environnement de travail. 

– Quelles sont les différences entre l’OIM et le Haut-commissariat aux réfugiés de l’ONU ? 

Il s’agit de deux mandats différents : le HCR s’occupe des réfugiés et l’OIM de tous les migrants. Un réfugié est quelqu’un qui a migré pour les raisons énumérées dans la Convention de Genève (conflit, opinion politique, religieuse, genre). Si on est concerné par la Convention, on relève du HCR. De manière générale, le HCR délègue à l’Etat la mission de s’occuper des demandeurs d’asile quand il considère qu’il en est capable. En France, cette mission est déléguée à l’OFPRA. Mais ce n’est pas le cas pour l’Egypte, par exemple. 

L’OIM s’occupe des migrants, des personnes qui ont quitté leur pays pour toutes sortes de raisons, notamment économiques et climatiques. Pour bénéficier des services de l’OIM, il ne faut pas être réfugié, simplement être migrant. 

Souvent, les migrants passent par l’OM pour obtenir une assistance directe puis passent par le HCR pour faire une demande d’asile. 

L’OIM et le HCR collaborent sur certains programmes, notamment de réinstallation ou des problématiques de genres. M Alsaar est Gender Focal Point : il traite des violences faites aux femmes, aux LGBT pour l’OIM, mais aussi avec le HCR. L’OIM et le HCR peuvent aussi unir leur force pour faire de l’advocacy, du plaidoyer. 

Toutefois, il existe aussi de la concurrence. L’OIM a un mandat plus large que celui du HCR (migrant > réfugié) mais dans les faits, les deux organisations n’empiètent pas sur le travail l’une de l’autre. Il y a également une compétition pour savoir lequel des deux organismes va capter des fonds pour tel ou tel programme. 

– Est-ce que l’OIM fait du plaidoyer auprès du HCR quant aux réfugiés climatiques ? 

Non. L’OIM et le HCR travaillent ensemble à Genève dans un groupe de travail qui traite de cette question. L’OIM n’aurait pas intérêt à faire du plaidoyer contre le HCR, en faveur d’un statut de réfugié climatique. Mais, M. Alsaar n’est pas sûr de sa réponse : il n’est pas spécialiste de la question. 

– A-t-il pu intégrer l’IFPO, à Amman, grâce à une bourse ? 

Non, parce qu’il n’était plus inscrit à l’université à ce moment. Il avait profité de sa prime de départ à la BNP. Il conseille de partir au Caire (à l’EDAC), davantage que à Amman, puisque la vie y est moins chère. 

Q – Y-a-t-il un niveau minimum requis en arabe pour intégrer l’IFPO ? 

Il y a un test d’entrée, mais certaines personnes trichent. Il a notamment rencontré des personnes qui connaissaient seulement l’alphabet arabe. Il ne faut donc pas hésiter à postuler. 

En outre, les étudiants des IEP intègrent ce genre d’école grâce à des partenariats universitaires mais ne connaissent pas vraiment la langue. Ce qui est dommage : pour M. Alsaar, plus on rentre avec un niveau élevé dans ce genre de formation, plus l’expérience est intéressante. Avec un niveau avancé et un passage dans ce genre d’école, on n’obtient rapidement un niveau parfait, propice aux concours du quai. Il nous recommande donc de suivre des cours du soir à l’INALCO.  

Q – Quelle est la situation au Caire avec la COVID ? 

Il pense que les autorités sous-estiment la pandémie mais également qu’elles n’ont pas les capacités d’y faire face. En Egypte, les habitants ont la volonté de passer à autre chose. En effet, la pandémie a été un coup dur pour le pays qui compte énormément sur le tourisme mais aussi sur les remittances. Il y a donc une tendance à minimiser les risques pour conserver une activité touristique. Mais l’Egypte est en pleine deuxième vague de cas. Dans la rue, peu de gens portent un masque. Il n’y a quasiment que les expatriés ou l’élite égyptienne qui en portent. Certains cafés sont fermés. Mais les contrôles sont rares. 

L’État égyptien ne peut pas se permettre de confier ses populations. Les mesures de soutien aux entreprises prises en France (chômage partiel) n’existent pas en Egypte. La question du choix entre la crise économique, mourir de faim, et la crise sanitaire, mourir du virus se pose pour les populations, qui préfèrent continuer à travailler. 

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