Hugo Plassais a 26 ans. Il est diplômé depuis 2022 du master en alternance du MRIAE. Ancien élève de Sciences Po Paris, il en vient au cours de ses études à s’intéresser en détails à la Chine. et notamment, à la place de cette dernière dans les instances internationales. Cet intérêt culminera en juin 2022 par la publication aux éditions l’Harmattan de l’ouvrage “La Chine, un acteur responsable, révisionniste ou réformiste ? “.

Présentation de son parcours

Après une année de licence d’économie et de gestion à l’université de Paris-Nanterre, le parcours d’Hugo Plassais commence véritablement en 2015 à Sciences Po Saint-Germain-en-Laye, où il décroche un diplôme de sciences politiques, tout en apprenant la langue chinoise. Après une année d’échange à Shangaï où il étudie la civilisation chinoise, il revient en France et se spécialise avec un master de recherche lui permettant de produire un mémoire sobrement intitulé : “Les enjeux onusiens dans les livres blancs de la défense chinoise”. C’est également à cette époque que, constatant le manque de recherche dans le domaine, il commence l’écriture d’un livre sur le même thème.

Fin 2020, une fois son diplôme en poche, il débute une activité en tant que collaborateur régulier de la société de veille géopolitique EastItsRed. Dans le même temps, il s’engage en volontariat international. Tout d’abord à Marseille en tant que chargé de projet chez Eurasia net, puis à Prague comme assistant de recherche dans un centre du CNRS. Après cette année de volontariat, et un court passage estival à la direction de l’enseignement militaire supérieur en tant que chargé de veille géopolitique ; il intègre en le master 2 alternance du MRIAE. Son alternance, il l’effectuera en tant que rédacteur économique chez Business France. Dans le même temps, il profite de son temps libre pour compléter l’écriture de son livre, qu’il publiera en juin 2022. Il se consacre désormais à la promotion de celui-ci ainsi qu’à l’enseignement via un poste de chargé de cours de méthodologie des sciences politiques à Sciences Po.

Quelques jours avant notre rencontre, Hugo Plassais signait un contrat de deux ans à l’Institut des hautes études de défense nationale (IHEDN) où il occupe aujourd’hui le rôle de responsable pédagogique. Ces nouvelles tâches, sont liées à la programmation des conférences, ainsi qu’à l’entretien des relations avec le ministère des armées et celui des affaires étrangères. Dans le futur, il souhaite poursuivre une activité dans les administrations, que ce soit à l’IHEDN ou ailleurs, tout consacrant son temps libre la recherche et l’écriture.

Les raisons qui l’ont poussé à écrire un livre 

Au cours de ses recherches sur les missions de maintien de la paix chinoise, dans le cadre de son master à Sciences Po ; Hugo s’est confronté à un manque de matière sur le discours et le narratif chinois. Exception faite du livre blanc de la défense, qui reste toutefois un manuel prévu pour les diplomates avec très peu d’approche scientifique.

Le manque d’analyse des discours chinois semble étonnant puisque la Chine a une vision très différente de celle de l’Occident et notamment une conception très spécifique de la modernité. La Chine rejette en effet des principes tels que le libéralisme ou les droits de l’homme.

De part cette position, en Occident, on a tendance à essentialiser le système chinois comme un modèle autoritariste et antagoniste au notre, notamment en termes de valeurs morales.

Or, selon Hugo, cette essentialisation n’a plus lieu d’être aux vues de la place de plus en plus grande que la Chine prend sur la scène internationale. Le pays cherche en effet à devenir une puissance réformiste capable de d’influencer les institutions internationales, afin d’adapter les normes internationales à ses propres valeurs chinoises ; tout en s’appuyant sur une image de puissance responsable concurrente à l’ordre mondial occidental.

Le milieu de l recherche étant très clivé entre les “pro” et les “anti”Chine ; Hugo Plassais intervient avec une nouvelle dimension de l’analyse plus objective et neutre. Le but étant ici de permettre une meilleure compréhension de l’acteur Chine et de son mode de fonctionnement.

Comment mène-t-on des recherches dans le milieu très fermé des relations internationales 

« La recherche c’est avant tout beaucoup de passion, parce que ce n’est pas rentable. »

Au total, il aura fallu à Hugo Plassais 4 ans de travail de recherche et d’entretiens pour 2 mois d’écriture.

A ce stade, malgré le temps investi, le livre annonce une faible rentabilité.

Trouver des entretiens

Au début, il est toujours compliqué d’obtenir des entretiens avec des acteurs chinois ou des chercheurs ; notamment dans un domaine sensible tel que la perception de l’acteur Chine à travers le monde. Il est essentiel de procéder par étapes.

D’abord en demandant des recommandations à ses professeurs et son réseau proche.

Puis, au fil des entretiens, chercher d’autres recommandations pour étoffer ses contacts.

Il faut ici souligner l’importance d’un compte LinkedIn actif et complet, afin de permettre aux acteurs de se renseigner sur vous et vos recherches.

Conduite des entretiens

Dans la conduite de ses entretiens le plus important, c’est d’installer une relation de confiance avec la personne que l’on rencontre. Cela passe dans une certaine mesure par l’utilisation de l’image de son école. Il faut aussi bien insister sur le statut d’étudiant, qui vous différencie des journalistes, souvent non apprécié par les milieux de la recherche. Enfin, le meilleur moyen de rentrer dans une relation de confiance avec quelqu’un c’est de lui poser des questions dont vous avez déjà la réponse, permettant ainsi de dévoiler votre intérêt pour le sujet abordé mais également de permettre à votre intervenant d’exposer son savoir et de se sentir écouté.

Les mécanismes de l’édition

Une fois votre livre achevé, le plus dur c’est l’édition et la publication. Il n‘est pas simple en effeet d’être publié quand on est étudiant. Il faut donc persévérer, contacter un grand nombre de maisons d’édition. Il ne faut pas hésiter à renvoyer plusieurs fois son manuscrit au même éditeur : un manuscrit refusé une fois pourra parfois intéresser un éditeur quelques mois plus tard.

C’est avec cette méthode qu’ Hugo Plassais est parvenu à se faire publier.

Enfin, une fois le livre publié, il y a tout un travail de diffusion à effectuer. Cela passe par un contact avec des bibliothèques, des librairies, la participation à des émissions radio, ou encore, la prise de contact avec des étudiants (à l’image de notre apéro thématique).

L’intérêt du MRIAE dans son parcours 

Pas de doute, pour Hugo Plassais l’intérêt principal du MRIAE c’est son côté professionnalisant, qui le différencie grandement des autres formations de relations internationales plus axées sur un volet recherche. Une atmosphère qui l’a beaucoup aidée à devenir plus synthétique et professionnel dans sa méthode de travail.

Dans le même temps le MRIAE, lui a permis d’accéder à tout un réseau de professionnels.

Le MRIA facilite l’insertion professionnelle de ses étudiants via les stages ou l’alternance obligatoire dans tous les cursus.

Le MRIAE a également l’avantage d’être très généraliste dans sa formation, ce qui peut séduire beaucoup de recruteurs qui voient les élèves sortant du MRIAE comme des couteaux suisses qui savent déjà faire autre chose que de la recherche.

Le MRIAE ouvre également une myriade d’opportunité à ces étudiants.

Au-delà des profils classiques des relations internationales destinés à la recherche ou au concours du quai d’Orsay ; le MRIAE ouvre la voie à des parcours plus diversifiés, permettant d’aller postuler dans des secteurs variés.

Seulement, se reposer sur un diplôme ne suffit. Hugo Plassais rappelle qu’il faut avant tout être proactif et construire son profil ainsi que son réseau en parallèle des études. Cette construction qui passe par une présence accrue sur LinkedIn ; mais également, par des expériences professionnelles (stage, alternance, emploi,…) qui doivent former un ensemble cohérent et montrer un schéma de cheminement au recruteur. Ces expériences professionnelles, doivent également être agrémentées de formation et d’expériences complémentaires. Par exemple, des services civiques, un statut de réserviste, des certifications en langue ou bien encore la présence dans divers séminaires en rapport avec son domaine de prédilection sont autant de bonus que des recruteurs peuvent apprécier.

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