En ce début de nouvelle année scolaire, le déroulement des apéros-thématiques a dû s’adapter aux circonstances inédites que nous impose la crise sanitaire. Ainsi, nous avons eu le plaisir d’inaugurer le format numérique de l’apéro-thématique avec Fanny Mounier, rencontrée le mardi 13 octobre lors d’une visioconférence.

Diplômée du MRIAE en 2015, Fanny Mounier, aujourd’hui âgée de 29 ans, a travaillé pendant 6 ans dans le domaine de la sécurité et de la défense chez Thales. Les étudiants du MRIAE ont pu apprécier son parcours varié et ses conseils précieux. 

Présentation de son parcours.

Fanny Mounier a intégré le Magistère après une classe préparatoire littéraire et une année en école de commerce à Rouen. Progressivement, elle s’est spécialisée dans le domaine de la sécurité et de la défense, et a effectué son apprentissage à Thales en tant que « Commerciale export dans les produits de radiocommunication militaires ». La première année en apprentissage a été très formatrice pour elle. Ce fut une expérience concrète et technique : elle a dû notamment remplir des fiches de prix pour des clients. Mais cette formation professionnelle solide lui a aussi offert la possibilité de candidater à des postes en interne.

L’une de ses premières expériences professionnelles fut aussi l’expérience la plus épanouissante de sa carrière professionnelle : son voyage d’étude à Abu-Dhabi, lors duquel elle a eu le sentiment de “plonger” dans les Relations Internationales. Son arrivée à Abu-Dhabi coïncide notamment avec le début du conflit dans le Yémen (Abu-Dhabi est un des acteurs engagés dans le conflit au Yémen avec l’Arabie Saoudite). Dans cet univers étranger et ce pays très différent, elle a assisté le « Directeur Pays » et a travaillé, avec de nombreux interlocuteurs, sur des sujets très variés. Ce témoignage fut aussi un encouragement à travailler à l’étranger, une belle opportunité et un challenge à relever.

A son retour en France, Fanny Mounier est devenue « Chargée de mission en Relations Internationales ». Son travail se faisait au jour le jour : rencontrer les bons interlocuteurs au Quai d’Orsay, dans les ministères (du Transport, de l’Armée) et rédiger des notes techniques, entre autres.

Deux ans plus tard, elle a intégré la « Direction de la communication du groupe » en devenant « Attachée de presse pour la défense terrestre et navale » . Sa mission était de faire le lien entre le monde des médias et le monde interne, le monde de Thales. Il s’agissait d’un travail de vulgarisation, autrement-dit de permettre le passage du monde technique au monde médiatique, un travail qu’elle a particulièrement apprécié pendant deux ans.

Aujourd’hui, cela fait deux semaines qu’elle a quitté Thales. L’envie de changement, poussée par la période difficile (COVID-19, chômage partiel) que traversent les industriels de la défense comme Thales, a motivé sa décision. Elle fait désormais partie d’une agence de communication spécialisée dans le domaine financier.

Fanny Mounier nous a conseillé de changer fréquemment de secteur, pour le challenge que représente la découverte d’un nouveau domaine et la nécessaire rapide mise à niveau dans celui-ci.

Au cours de la présentation de son parcours, Fanny Mounier a particulièrement insisté sur les bénéfices tirés de chacune de ses formations. La rigueur inculquée en prépa et au MRIAE lui a été profitable lorsqu’elle est partie à l’étranger. Son passage dans une école de commerce, bien qu’elle ait eu le sentiment de ne pas apprendre grand-chose, lui a servi lors de son entretien d’embauche en apportant du concret à ses études en sciences humaines. Plus encore, Thales est un groupe qui vise à faire des profits, en France ou à l’étranger. Pour vendre à l’export, il faut être compétitif et ainsi maintenir le niveau technologique de Thales. Ses cours de gestion et économie lui ont donc permis d’en comprendre les ressorts. Finalement, ses connaissances en géopolitique lui ont été indispensables pour comprendre les enjeux de certaines régions dans le monde et s’adapter aux clients : par exemple, les Indiens et les Saoudiens sont des clients différents, culturellement, diplomatiquement, il faut en avoir conscience.

Quelques conseils pour travailler dans le secteur de la Défense et de la Sécurité.

L’IHEDN (Institut des Hautes Etudes de Défense Nationale) propose un séminaire aux jeunes avec des tables rondes et des conférences. S’être impliquée dans ce séminaire et avoir pu en parler en entretien a été, selon Fanny Mounier, un point clé de ses embauches car ce séminaire est connu par les patrons du milieu de la Défense. Pour intégrer la session « jeune », il suffit de candidater plusieurs fois de suite. La session est accessible à tous. Participer à ces conférences est un bon indicateur de sa volonté et de son engagement. Cela permet de commencer à se créer un réseau, mais surtout de mettre un pied dans le domaine (un « must » sur son CV !). Fanny Mounier conseille donc d’assister aux conférences le plus souvent possible et de profiter des publications du site de l’IHEDN pour notamment faire des fiches sur les sujets contemporains clés.

Quelques conseils pour travailler dans le secteur de la presse et des médias.

Selon Fanny Mounier, il faut lire la presse très régulièrement, dans les domaines qui nous intéressent, avoir une bonne connaissance du monde médiatique, connaître les nouveaux médias (le monde des médias est en constante évolution) et connaître les noms des journalistes côtés. 

Si ne pas avoir effectué de formation en communication ne lui a pas porté préjudice, elle conseille tout de même, d’avoir une expérience préalable dans la communication associative ou bien de faire de la presse en “free-lance”. Ces expériences sont à valoriser dans le CV et lors des entretiens. 

Quelques conseils pour négocier son premier salaire.

En apprentissage, l’entreprise l’impose. Il y a peu de marges de négociation (de l’ordre de 100€). Lors d’un voyage d’étude, le barème est public, autrement-dit il est imposé. Pour le CDI, la première négociation s’effectue avec la Direction des Ressources Humaines qui applique des grilles salariales déjà définies. L’Université Paris 1 – Panthéon-Sorbonne est une école reconnue mais n’équivaut pas une école d’ingénieur : le salaire ne sera peut-être pas aussi élevé que celui de quelqu’un issu d’une telle information.

Il faut savoir que la capacité à négocier est plus facile dans les grands groupes car ils s’attendent à ce que nous négocions : c’est la raison pour laquelle le salaire est d’abord proposé à un niveau un peu plus bas. Selon Fanny Mounier, il ne faut donc surtout pas hésiter à négocier son salaire, car il s’agit d’une pratique courante.

Le tout premier salaire est dur à négocier (problème de légitimité) mais il est très important puisqu’il pose des bases (il ne faut pas partir avec du retard par rapport à ses collèges). Il ne faut pas hésiter à poser des questions lorsque la négociation n’est pas possible : « est-ce que j’ai droit au CE ? Y a-t-il un bonus ? S’il n’y a aucun bonus, y a-t-il des possibilités d’augmentation ? ». 

 

Pour finir cet apéro-thématique, Fanny Mounier a insisté sur le niveau égal d’un Master spécialisé et d’un Master Grandes Ecoles ; s’il peut y avoir un “effet de marque”, la capacité à gérer une situation est la même pour les deux diplômés. Enfin, elle a confié qu’il est possible de passer du secteur privé au secteur public et inversement ; certains de ses collègues étaient notamment issus de la DGSE. 

 

Nous remercions chaleureusement Fanny Mounier pour le temps qu’elle nous a consacré !

 

L’ADEA

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